Traou

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jeudi 21 février 2013

Khajuraho – Cité érotique

Je quitte à regret Varanasi avec la promesse au cœur d’y revenir encore et encore.

Après la rive animée du Gange, la campagne calme qui entoure le village de Khajuraho est la bienvenue. Et enfin, je sors de la brume froide pour un ciel bleu ensoleillé ! Ma chambre d’hôtel donne sur un ravissant jardin où je déjeune tardivement avant d’attaquer la visite des temples du « groupe ouest » tout proche.

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On vient à Khajuraho pour ses temples élevés par deux religions, le bouddhisme et le jaïnisme, au cours des Xème et XIème siècles sous la dynastie des rois Chandella. 22 d’entre eux (sur les 85 construits à l’origine) furent redécouverts au XIXème siècle au cœur de la jungle et sont aujourd’hui classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’anglais qui les redécouvrit, convaincu d’avoir fait là une découverte majeure, adressa à ses supérieurs un compte-rendu « à l’anglaise », où il qualifiait certains bas-reliefs desdits temples d'« un peu plus osés qu’il n’est absolument nécessaire ». Et effectivement, au milieu des frises finement sculptées représentant des épopées guerrières, des animaux ou des dieux et déesses, c’est le caractère fort érotique de certaines scènes représentées qui a fait la réputation de Khajuraho. A deux ou à plusieurs, quelques statues se donnent de la joie à quelques mètres du sol. Et c’est magnifique !


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Il y a de nombreuses belles, particulièrement girondes, qui se mirent ou s'apprêtent dans des positions suggestives, peut-être dans l'attente elles aussi d'un amant. Quant au soubassement des temples, les petites frises qui courent tout le long sont le lieu ou les artistes sculpteurs semblent s'être "lâchés", illustrant ce qu'on pourrait qualifier de "petite part*uze du XIème siècle". On y croise même quelques épisodes z**philes (je protège mon blog des recherches web un peu trop ciblées, d'où cette "orthographe" particulière de certains mots...). Une célébration de l’amour, du couple, et de la sexualité, dont on ignore la réelle signification : Illustration de la doctrine tantrique ou allégories ?…

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En tous cas, dans le village de Khajuraho, on exploite le filon : les vendeurs de rue vous proposent le Kama-Sutra sous toutes les formes et dans toutes les langues. Et dans les boutiques de souvenirs, on trouve des objets qui feraient rougir des tenanciers d'échoppes de Pigalle. J'aurais pu notamment couvrir la porte de mon frigidaire de magnets très très laids et très très librement inspirés des sculptures des temples ! (qui auraient sûrement fait la joie de mes invités, mais je m'en serais vite lassée, je le crains).

Comme tous les lieux en Inde qui ne vivent que du tourisme (et on trouve à Khajuraho le village ancien et le nouveau qui s'est construit autour de la manne des temples du groupe ouest), on est assez facilement harcelé par les vendeurs de rue, de jeunes hommes désoeuvrés, et des enfants qui peuvent vous suivre sans relâche toute une journée en babillant à vos côtés. C'est un rien fatiguant de ne pouvoir faire un pas hors de son hôtel sans être immédiatement entourée et sollicitée de toutes parts... et pour le moins agaçant, je l'avoue. Mais ils n'ont que nous pour vivre, alors j'ai essayé au maximum de faire bonne figure, même en répondant cent fois aux mêmes questions la journée durant et même aux plus collants d'entre eux...

Deux jours cependant suffisent à faire la visite de ce lieu merveilleux. Je m'envole ensuite vers le soleil et la mer. Le Kerala ! Au revoir Khajuraho, j'ai passé ici un moment empreint de beauté, de sensualité et de délicatesse.

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vendredi 8 février 2013

Inde 4ème - Mumbai-Varanasi

21 décembre – Départ soulagé. Depuis septembre, le boulot s’accumule – agréablement, c’est toujours passionnant et ponctué de voyages : San Sebastian, Londres, Rome et… Rio de Janeiro dans les trois derniers mois - mais je suis en plein cœur d’une guerre sanglante (encore) contre Boulet, qui a cette fois dépassé les bornes de la malhonnêteté (et de l’abus de biens sociaux) mais je n’en parlerai pas ici, pas la peine de me mettre à nouveau les nerfs à vif à cause de ce triste sire (j’ai quand même, quelques jours auparavant, annoncé que j’allais chercher du boulot ailleurs à Boss, qui capitule un peu trop à mon goût devant Boulet, et qui me regarde depuis avec des airs de Calimero et me fait la danse des sept voiles sur l’air de « Ne me quitte pas »…).

Bref, je me dirige vers Roissy à la fois excitée et épuisée. Hâte de retrouver l’Inde bienfaisante qui m’a déjà plusieurs fois apaisée. Vol Royal Jordanian. Arrêt à Amman. Je manque louper la correspondance pour Mumbai (Bombay), car l’Iphone retarde d’une heure par rapport à l’horaire officiel jordanien et, plongée au cœur d’un passionnant bouquin, je ne m’affole et me précipite vers la porte d’embarquement qu’au tout dernier appel, n’ayant prêté qu’une attention distraite aux précédents…

J’arrive à Mumbai à l’aurore, surprise du peu de temps que met le taxi pour me conduire à l’hôtel que j’ai choisi sur Tripadvisor. Je n’avais pas compris qu’il était situé dans le quartier de Bandra, un quartier un peu excentré et plus proche de l’aéroport. Bandra est en fait le « boboland » de Mumbai : maisons cossues (dont celle de Shah Rukh Khan, paraît-il), cafés et restaurants branchés, magasins de fringues et chaussures plutôt chics, promenade de bord de mer où baguenaudent des jeunes filles en jean cramponnées à leur Iphone d’une main, tenant leur boy-friend de l’autre, lui-même arborant nonchalamment un Ipad dernier cri. Et une boutique de cupcakes tous les dix mètres ! Ce doit être le dernier truc trendy, sans doute. On est très loin du « slum » !

Enfin non, pas si loin. A peine tourné l’angle de deux rues après mon hôtel, je retrouve des scènes familières : les baraques de planches, de bâches et de cageots, des familles autour de feux allumés à même le trottoir jonché d’immondices où ils vivent sans doute, la misère quotidienne d’un autre Mumbai.

Je ne reste ici que 24 heures. Je sais d’expérience que les grandes villes de l’Inde me conviennent peu. Je préfère le calme des villages, du bord de mer, ou Varanasi (Bénarès), bien sûr. Je m’envole dès le lendemain pour la ville sacrée chère à mon cœur. A peine le temps d’un dîner indien arrosé d’une bière fraiche devant quelques palmiers qui me confirment que je suis bien partie pour ailleurs. Je me sens déjà beaucoup mieux.

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Varanasi la belle est embrumée. Et froide. Imperceptiblement changée, depuis cinq années. Un peu plus de jeunes filles habillées à l’occidentale, d’enfants chineurs, et de jeunes hommes en quête de femmes seules dans l’espoir d’un mariage et d’un départ vers l’Europe ou l’Amérique. Et les bateaux du Gange semblent désormais tous ou presque sponsorisés par des banques !

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J’arpente les ghâts emmitouflée, passe mes nuits calfeutrée sous autant de choses chaudes que je peux. J’ai beau être bretonne et m’être baignée parfois un jour de Toussaint sur mes rivages, j’admire les indiens qui affrontent l’eau du Gange sans trembler. Moi je me contente de sécher mes cheveux le matin au vent du fleuve, sur la haute terrasse de ma jolie guest-house, les mains en couronne frileuse autour d’un chaï brûlant, bonheur de mes petits-déjeuners.

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24 décembre. Je me fous éperdument de ne pas fêter Noël. Pourtant, à la puja du soir, je fais la connaissance de Loreleï, jeune femme française qui revient d’un séjour de quelques mois au Népal dans des conditions spartiates, s’apprête à passer encore deux ou trois mois en Inde, période de transition entre la fin de ses études et son entrée dans la vie active. C’est quelque chose que je regrette aujourd’hui de ne pas avoir fait, mais à l’époque, l’idée ne m’en avait pas effleurée et je ne sais pas si j’aurais eu ce cran-là à 20 ans et des poussières. Nous passerons joliment le soir de Noël ensemble devant une bière. Au retour à ma guest-house, je suis accueillie par des rythmes techno et un thali sympathique et bienvenu. Mais franchement, ils auraient pu nous épargner Céline Dion ! C’est bien la peine de partir si loin !

Ici, je ne fais guère autre chose qu’arpenter les ghâts d’un bout à l’autre de la ville. Je regarde, je respire, je me pose, je repars. C’est un spectacle permanent. Je m’attarde peu désormais sur les corps qui brûlent sur l’un des deux ghâts de crémation, ils font partie de la vie du fleuve au même titre que les enfants jouent et que les pèlerins s’y baignent ; ils font partie de la vie tout court.

Je déambule, je monte et je descends au gré des marches irrégulières, jamais lassée. Ici on croise des buffles débonnaires qui vont au bain, quelques singes voleurs, un sadhu qui se réchauffe à un feu de branchages, une femme pauvre enveloppée de rose qui vit sur une corniche de pierre abrupte où je la vois chaque jour. Et même un tournage Bollywood avec une cohorte de sadhus-figurants bien plus replets que les vrais. Je retrouve mon copain Atul, patron d’un joli restaurant-terrasse. Il y a cinq ans il m’avait fait visiter les temples alentours toute une journée, et accessoirement demandée en mariage. Nous nous donnons l’accolade aujourd’hui comme de vieux amis.

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Le dernier soir, j’assiste à la puja tranquille d’Assi Ghât, moins spectaculaire et touristique que celle des ghâts centraux. Un seul jeune brahmane pratique les incantations rituelles et l’on sollicite les quelques spectateurs proches pour y participer : un homme vient déposer des pétales de fleurs dans mes mains que je referme sur leurs couleurs fragiles, en un geste de prière, réellement émue. Un peu plus tard, nous suivrons le brahmane jusqu’au fleuve pour y déposer cette offrande éphémère.

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Un peu avant, j’ai profité des premières mesures des cymbales cristallines de la puja pour m’en aller sur un bateau un peu au large du fleuve, flanquée de trois gamins qui m’avaient vendu les petites bougies traditionnelles que l’on offre au Gange, posées sur des corolles de fleurs. Ma cérémonie intime, répétée chaque fois ici. Douze bougies cette fois-ci, une pour chacun des disparus de ma vie dont je veux rappeler la mémoire ici, que je recommande avec amour, tendresse ou amitié à « Mother Ganga », le fleuve sacré qui prend soin des vivants et des morts. Les enfants les allument pour moi, recueillis aussi tout à coup, et me donnent avec précaution chaque flamme fragile que je confie au fil de l’eau. Elle est jolie et vaillante, ma petite guirlande de lumières qui s’enfuit au loin, portée par le courant.

Après la puja, j’ai encore une autre cérémonie qui m’attend, promise à moi-même : j’achète des guirlandes de fleurs, pour des attentions particulières. On les trouve en monceaux colorés à l’entrée du temple où elles sont destinées à être offertes à Shiva. C’est un charmant couple d’indiens qui m’explique cela, étonnés de voir une occidentale en acheter. Je leur explique pourquoi je souhaite les offrir au fleuve, demande si « j’ai le droit » et cela les fait rire. Ils en fixeront le prix au marchand pour moi. Un prix « indien ».

Dans l’obscurité, je vais m’agenouiller sur un petit promontoire au-dessus du fleuve, et je lance mes guirlandes au fleuve avec ferveur pour chacune de mes « intentions ». La première est pour A, jolie jeune femme fragile dont j’ai appris peu avant mon départ qu’elle s’était donné la mort. Il y en a une pour un bébé qui vient de naître, que je ne connais pas encore et dont j’aime tendrement les parents. La dernière… et bien la dernière est pour moi, pour que je laisse ici une vieille Traou fatiguée et qu’une toute nouvelle émerge de ce voyage-là prête à affronter les temps à venir avec espoir, énergie et créativité. Une meilleure Traou, j’espère…

Je remonte les escaliers vertigineux qui mènent jusqu’à ma guest-house, grimpe jusqu’à la terrasse où je vais déguster mon dernier dîner face aux lumières de Bénarès qui dessinent la courbe élégante du Gange. Je me penche et je les vois tout en bas mes guirlandes, bercées par le fleuve, voguant paresseusement ou filant au gré du courant. Celle d’A. est déjà loin et je lui souhaite bon chemin. Quant à la mienne, elle s’est lovée autour de l’amarre d’un bateau, près d’un autre promontoire et ses fleurs blanches forment un cœur dans le noir. Je souris et remercie l’invisible de cette attention pour moi. Je quitterai Varanasi demain plus légère. Et sûre d’y revenir encore. Je suis heureuse ici.

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dimanche 27 janvier 2013

Il y aura au moins un billet en 2013 !!!

Traou vous souhaite une année...

colorée,

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intrépide,

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épicée,

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hilarante,

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majestueuse,

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paisible,

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élégante,

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harmonieuse,

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sexy,

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délicate,

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romantique,

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solidaire,

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enchantée,

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tranquille,

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Et si j'ai un peu de temps et de courage... je mettrai en ligne mon carnet de ce quatrième voyage en Inde.

(Varkala / Odayam Beach – Fort Cochin – Khajuraho - Varanasi – INDE décembre 2012 / janvier 2013)

mardi 26 juin 2012

366/14 - Des nombres concrets

118 : numéro de la compagnie aérienne Royal Jordanian pour le vol Paris-Mumbai du 21 décembre 2012. Retour le 5 janvier 2013 par le 186.

D’autres sonnent comme musique douce à mes oreilles, écoutez comme c’est beau:

Jet Airways, compagnie intérieure indienne, 7037 et 2461 traversent le ciel de Mumbai à Varanasi (ou Bombay-Bénarès, à l’ancienne)

723 emporte vers les temples aux bas-reliefs érotiques somptueux de Khajuraho.

724 et 7076 chantent en choeur le Kerala et ses sonorités exotiques infinies : Thiruvananthapuram. Retour par le 2545 de Cochin.

Les chiffres ne peuvent mentir : le rêve est en marche.

mardi 19 juin 2012

366/13 - Qui, Quoi, Quand, Où, Comment et Pourquoi ?

Qui pourrait bien être celui que j’aimerais et qui m’aimerait ?

Quoi ! Il n’y en aurait plus un seul disponible pour moi sur cette petite planète ?

Quand donc daignera-t-il montrer le bout de son nez ?!!!

se cache-t-il ? Nord, Sud, Est ou Ouest ?

Comment fait-on pour aimer, au fait ? Je crois que je ne me souviens plus très bien...

Et pourquoi diable les hommes semblent passer à côté de moi sans me voir ?

Envie d’un compagnon tendre et humoureux. Si vous avez un tuyau...

Je désespère de cette cruelle et trop longue solitude...

jeudi 14 juin 2012

366/12 - Envie d'être à...

Envie d’être à demain soir, à Marigny, le Récital Emphatique de Michel Fau, prélude à un week end paresseux.

Envie d'être à la gym samedi pour étrenner une tenue multicolore et sentir mes muscles douloureux et heureux tout à la fois, plaisir hebdomadaire.

Envie d’être aux vacances, beaucoup en Bretagne, un peu aux Baléares, je me languis de la mer.

Envie d’être à Bénarès la Magique, l’Inde qui me manque retrouvée en décembre, j’espère.

Envie d’être à mon ordinateur, à mes mots... mais pas au bureau, aujourd’hui petite prison.

Envie d’être à... plus tard, plus loin, ailleurs, mille lieux d’ici...

vendredi 8 juin 2012

Jean-Baptiste et Paco

Du premier, je tiens peut-être mon amour de l’écriture. Est-ce que cela peut être inscrit dans un gène ? Sur le faire-part paru dans Ouest-France samedi dernier, il avait voulu que soit écrit « homme de lettres ». Il en avait écrit des milliers, des lettres d’amour à ses deux régions de coeur, la Bourgogne et la Bretagne, sous forme de poèmes en prose, si beaux. Et des articles, et des recueils sur des auteurs qu’il aimait. Une vie entière d’écriture.

Du deuxième, je reçus un jour d’automne 2005 réponse à un de mes commentaires de blog (était-ce chez Tarquine ou chez Samantdi ? je ne sais plus...) où il suggérait que j’ouvre le mien. D’abord interloquée, l’idée ne mit que quelques jours à faire son chemin et Traou était en ligne. Je ne sais pas si je l’ai assez remercié pour cela.

Le premier ne s’appelait pas Jean-Baptiste, c’était son nom de plume.

Le deuxième ne s’appelait pas Paco, c’était son pseudo de Toile.

Le premier m’intimidait quand j’étais enfant. Il était ombrageux et fort en gueule parfois lors de déjeuners dominicaux. On m’a dit un jour que j’avais la même façon que lui d’incliner la tête de côté quand je parlais.

Le deuxième m’a accueilli d’un sourire qui plissait ses yeux derrière les volutes d’une cigarette à un premier Paris-Carnet. Nous y avons trinqué ensuite quelquefois avec sa compagne, son frère, sa belle-soeur, grande famille de la blogosphère !

C’est en rentrant mardi soir de Bretagne où j’étais allée accompagner Jean-Baptiste pour son dernier voyage que j’ai appris le départ de Paco pour le sien.

Jean-Baptiste laisse derrière lui ma toute menue et fragile petite tante, qui tremblait de chagrin de suivre le cercueil de son compagnon de chaque jour depuis 64 ans.

Paco laisse derrière lui une grande famille, des frères et soeurs, des enfants, et des amis. Une Compagne actrice et poète et une Merveille câline à qui je pense spécialement aujourd’hui.

Jean-Baptiste me laisse en souvenir un dessin naïf fait par lui quand il était jeune homme et qu’il déclinait sur différents documents (et même une petite bague en argent dont j’ai hérité et que je porte avec fierté) : une chouette et un épi de blé qu’il appelait « les armes de la famille » (la chouette, symbole du savoir, et l’épi de blé, symbole de la terre, parce que nos ancêtres étaient pour moitié instituteurs et pour l’autre agriculteurs...).

Paco me laisse en plus du souvenir indélébile de son bon sourire l’image d’un nez rouge de clown, le symbole que Luce et lui avaient choisi comme pied de nez à la maladie, pour proclamer leur amour le jour de leur mariage, et que nous avons été nombreux à arborer avec émotion.

J’ai dit au revoir à l’un il y a quelques jours, je dirai au revoir à l’autre demain. (je ne dis jamais adieu...)

Bon voyage à tous les deux, ma tendresse vous accompagne.

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vendredi 20 avril 2012

366/11 - Rouge

C’est sans nul doute ma couleur préférée, celle que je porte le plus volontiers. Pivoine ou carmin, pourpre ou grenat. Et aussi toutes ses variantes oranges, roses ou violettes. Elle me va au teint et à l’humeur. Pas si primaire, d’ailleurs.

Couleur sang et coeur

Révolte et soleil couchant

Piment fort et fruits d’été

Coccinelle et coquelicot

Cramoisi et vermillon

Nez de clown et Chaperon

Rose amour et vin rubis

Elle est devant mes yeux colère de tant d’in-( ...justice, ...civilité, ...différence, ...compétence...)

Elle fait mes ongles miroir et ma bouche baiser

Cardinale, elle orne mes murs et ma vie.

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mercredi 18 avril 2012

366/10 - Ça n'aurait pas dû se passer ainsi

« Ça n’aurait pas dû se passer ainsi »...

Expression étrange. Etrangère à mes pensées, à mon vocabulaire. Tout se passe comme il le doit. Tout est à sa place. Que cela me plaise ou pas est une autre affaire.

« J’aurais préféré que ça ne se passe pas ainsi »... est plus légitime. Il m’arrive de le penser fugitivement, de le chasser très vite, inutile regret. Complaisance de l’imagination qui envisage les faits passés autrement et toutes leurs conséquences qui auraient sans nul doute été bien plus heureuses ?...

Foutaises. Je préfère me tourner vers l’avenir et ses promesses.

lundi 9 avril 2012

366/9 - Itinéraire

Il aura 90 ans en mai. Ou peut-être pas. J’ai pris dans la mienne sa main ridée, aussi pâle que les murs de l’hôpital. Sa femme à son chevet parle encore de retour à la maison. Illusion. Il sourit faiblement et lui envoie un baiser muet. A d’autres il dit tout bas au moment de l’au revoir qu’il n’en a plus pour très longtemps.

1922 bébé en dentelles aux bras d’une jeune femme grave, 1930 garçonnet sérieux flanqué d’un petit frère qui sera un jour mon père, 1948 jeune marié timide aux cheveux lissés. Les souvenirs s’égrènent, itinéraire en photos sépia.

vendredi 6 avril 2012

366/8 - Temps qu'il fait

Il y a du soleil dans mon demi de bière dont les bulles tournoient au rythme du manège du parvis Montparnasse à quelques mètres de moi.

J’arrive du sud, je pars à l’ouest, et mon baromètre personnel oscille vers le beau, peu importe la météo.

Trois jours, un festival d’auteurs, des histoires contées par centaines, étourdissantes, drôles, étonnantes, poignantes. Et pour la première fois, je me suis autorisée à me dire des leurs. Auteur. Scénariste. J’en frissonne.

Peut-être un jour un écran pour l’histoire que j’ai écrite et contée moi aussi à certains ? Mes mots en images, bientôt ?

mardi 3 avril 2012

366/7 - Ce que l'on porte

Besoin de porter un peu de gaîté et de tendresse aujourd’hui : jupe voltigeante et ballerines trotteuses, voile de satin sombre doux à mes jambes, pull soyeux ponctué de fleurs et papillons, collier nacré cadeau de mes parents pour un anniversaire marquant, pendentif en forme de coeur, souvenir amoureux ancien dont j’aime le réconfort contre ma peau certains jours plus fragiles.

Bague indienne, ongles roses, cheveux ébouriffés et maquillage cache-fatigue. Je porte aussi, fardeau habituel, quelques kilos superflus que je récuse toujours car je ne parviens pas à me faire à l’idée qu’ils font partie de moi, comme ma gourmandise...

lundi 2 avril 2012

366/6 - Signature

Qui signe les rêves ?

Quel auteur fou, joueur, mégalo ou pervers appose sa signature au bas de nos songes ?

Sont-ils une version cinglée de nous-mêmes ? Un signe de l’âme en liberté ? Une récréation ? une re-création du quotidien ? D’un passé lointain ? D’un futur imaginaire ?

Parfois ils éclairent ma journée d’un éclat ludique ; j’ai le rire au bord des lèvres des folies de ma nuit endormie.

Mais aujourd’hui j’aimerais bien tenir le salopard qui m’a envoyé un cauchemar de l’aube, une fiction terrifiante qui me plombe coeur et semelles depuis mon réveil agité...

samedi 31 mars 2012

366/5 - Le monde est petit

Non, le monde n'est pas petit !

Le monde est immense quand on est un Doudou perdu dans la grande ville.

Le monde est gigantesque quand on est un petit garçon en quête de son plus cher ami disparu.

Qu’est-il arrivé à Doudou ? Est-il parti le nez et les oreilles au vent dans la douceur du printemps, à la recherche de congénères sympathiques ? Erre-t-il depuis jeudi, sale, affamé et en manque cruel de câlins dans les rues du Pré-Saint-Gervais / Seine-Saint-Denis, et qui sait bien au-delà ?

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Si vous rencontrez Doudou, prévenez-moi, je transmettrai à qui de droit.

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jeudi 29 mars 2012

366/4 - Ça change tout le temps

Plaisir de printemps. Chaque jour qui passe apporte une feuille neuve, une pousse hardie.

Je l’entends presque croître, le feuillage des peupliers qui fera bientôt un rideau vert impénétrable devant mes fenêtres. Adieu les voisins de l’immeuble d’en face ! On se reverra de loin l’hiver prochain !

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La clématite que je croyais morte s’emploie à me détromper à grand renfort de boutons prometteurs, enthousiastes d’avoir échappé à la poubelle promise.

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Mes rosiers ont rongé leur frein tout l’hiver, taillés impitoyablement à ras. J’attends pour l’été une explosion d’orange marbré de jaune, de pétales écarlates ou délicatement rosés. Bonheur Balcon.

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mercredi 28 mars 2012

366/3 - Action éclair

Des bottes neuves (encore).

Chez moi, jambes nues, vêtue d’un simple T-shirt, qu’importe. Trop envie de les contempler à mes pieds. Je chausse les belles : elles seront parfaites pour les prochains frimas.

J’enlève la gauche. J’enlève la dr... Non, la fermeture Eclair accroche le fin rabat de cuir à l’intérieur, se coince irrémédiablement à mi-hauteur. Un sens, l’autre, doucement, violemment, rien à faire ! Je tente l’arrachage : ma peau nue écorchée proteste.

Seule, en petite tenue, chaussée d’une unique botte greffée à la jambe. Grand moment de solitude.

Je finirai par découper l’intérieur de la merveille, rageuse et épuisée.

mardi 27 mars 2012

366/2 - Une personne nerveuse

100 mots ? 100 mots ! Mais qu’est-ce qu’ils veulent que je fasse avec 100 mots, moi ?! (et si vous me demandez qui sont ces « ils », je parle des esprits - passablement pervers - qui ont inventé ces « 366 réels »).

C’est que j’aime m’étaler, moi... me répandre... prendre mon temps et les circonvolutions qu’il faut pour conter, raconter, décrire, évoquer, croquer, narrer, ratiociner et louvoyer dans les méandres de mes petites histoires, réelles, supposées ou imaginées.

M’octroierai-je le droit d’inventer, de tricher, de dépasser la ligne ? Assurément sinon je risque d’en devenir nerveuse !

lundi 26 mars 2012

366 réels / J'éviterai de dire que

Eviter de dire que je reprends ce blog : un billet ne fait pas le printemps.

Une envie diffuse de retrouver un rendez-vous quotidien avec les mots (quotidien ? ouh la ! ne pas s’emballer...).

Les « 366 réels à prise rapide » glanés ça et là et pratiqués avec assiduité ou intermittence par d’aucun(e)s me donnent envie de replonger mes doigts dans l’encre... en dilettante.

J’ai écrit tout l’an passé sous la contrainte, en forcenée. Envie de légèreté et de liberté maintenant, rien que pour moi.

100 mots seulement ? Quel pari, moi qui ne sais guère faire court...

vendredi 2 décembre 2011

Donoma

Moi qui suis en dehors du monde depuis onze mois (je risque de refaire surface à compter du début de l'année prochaine et vous raconterai peut-être mon marathon 2011 entre déménagement, boulot, voyages et écriture, surtout écriture mais pas ici...), j'ai néanmoins été atteinte par le buzz Donoma. Et ne suis pas fâchée de l'avoir été !

C'était il y a un peu plus d'un mois et quelqu'une me parle d'un film "fait avec 150€", m'envoie le lien vers un site internet, m'incite à venir à l'avant-première le 5 novembre. Bon.
J'avoue que l'argument du "fait avec 150€", rabaché un peu partout à propos du film, je m'en fous. Limite ça m'agace. So what ? Des gens qui filment avec trois bouts de ficelle, coûte que coûte, j'en connais un paquet. Ce n'est en aucun cas un critère pour m'attirer ou me faire fuir, je m'en fous, vous dis-je (de la même façon que je me fous des records de millions de $ affichés en promo pour d'autres films, l'argent n'a jamais empêché certains de faire des navets avec...). Je fais un tour sur le site et j'en reste là. De toute façon le 5 novembre je ne suis pas là, et je n'ai pas le temps d'aller au cinéma, j'ai vu 5 films cette année, sans blague.

Le 5 novembre, finalement je suis à Paris, on se parle avec un copain comédien qui me propose de venir avec lui "à la projection du film de Djinn Carrénard..." comme il me proposerait d'aller voir le dernier... Scorsese ou Audiard. Euh, est-ce que je suis à ce point hors du monde que j'ai loupé l'émergence d'une nouvelle star de la mise en scène ?... Je ne fais pas du tout le lien avec le site que j'ai vaguement visité quelques semaines auparavant et je prends le chemin du Grand Rex, perplexe.

Là, comment vous dire, une file d'attente comme je n'en ai pas vu depuis le 19 octobre 1983 à 14h00 pour la première séance du "Retour du Jedi", et tout ce monde vient voir Donoma (ah, au fait, c'est du sioux...) ! Des filles portent des T-shirts du film, ça se pousse et se bouscule, on arrive à avoir une place tout là-haut, il paraît qu'ils ont refusé du monde. J'ai l'impression d'être sur la planète Mars, que tout le monde est au courant d'un truc que j'ignore. Ça fait un peu secte, cette affaire, je commence à être inquiète.

Le film commence, la première scène est maladroite, la caméra se promène un peu trop, le point est aléatoire, mais... quelque chose m'accroche, je ne sais quoi, un accent de sincérité immédiat, l'absence d'intro, l'entrée dans le coeur même d'une histoire dont on découvrira le début un peu plus tard, un ton, une patte, tout de suite. Et puis une salle de classe, une prof au regard intense, un élève buté, une confrontation qu'on ressent jusqu'à l'intérieur de soi tellement le ton est juste, tellement les personnages sont incarnés, littéralement, chair et sang. Donoma est une sacrée tranche de cinéma, de vie, une bouffée de fraicheur, une envolée culottée, un maelström d'émotions, de sentiments en pagaille. Ça frotte, ça rape, ça irrite, ça fait rire, c'est chaud et bon. Ce Djinn dont je ne risque plus d'oublier le nom est un cinéaste, certainement doublé d'un stratège un rien roublard, mais cinéaste avant tout. Et après tout, si son buzz un peu bêta sur les 150 € m'a amenée jusque là, je n'ai rien contre.

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Donoma parle d'amour, d'entrecroisements, du jeu des corps et des sentiments. Une prof avec son élève. Une inconnue et un inconnu, volontairement muets. Deux soeurs. Un amoureux sans espoir. Des mystiques aux mots crus. Un couple qui se défait (et s'était rencontré à New York devant la caméra du réalisateur dans un court-métrage visible sur le site du film, quelle jolie idée). Je ne sais pas depuis quand je n'avais rencontré une telle liberté, un tel naturel dans la narration de ces histoires quotidiennes et exceptionnelles, et surtout de tels acteurs. Ils m'ont tous bluffée.

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Je ne saurais trop vous inviter, non seulement à voir Donoma, mais à encourager sa sympathique et talentueuse "guerilla". On retrouve toute la "famille" et ses aventures sur le site Donoma. On peut même aider à financer la tournée ici (je vous recommande particulièrement les savoureux commentaires pour chaque montant de participation dans la colonne de droite, je n'ai pas les moyens de leur filer 500€ mais ça m'a fait tellement rire que ça en vaudrait la peine... mais je vais participer c'est sûr, j'en serai vachement fière !)

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Ah, dernier petit effet accessoire de Donoma, ce beau film m'aura permis de prouver que ce blog n'était pas absolument moribond ! A bientôt !

mardi 2 août 2011

Dimanche 1er août

Neuf heures : on enfourche les vélos. Les maisons de pierre sont endormies et l’on arrive à la plage déserte dans le silence. La mer est haute et transparente, le soleil frais et le ciel clair. Quelques centaines de brasses matinales avant de remonter sur nos vélos pour un petit déjeuner ensoleillé, beurre salé et confitures de mûres du jardin. La journée commence bien.

Un tour de marché rapide pour acheter quelques galettes, du pain et du jambon pour le pique-nique du midi. Nous avons rendez-vous au port : on embarque à 11h30.

Trois bateaux qui se suivent ou s’entrecroisent jusqu’au large. J’ai salué Saint Malo la belle en passant. Cela fait bien longtemps que je n’ai eu autour de moi le cercle parfait de la mer sans l’ombre d’une terre à l’horizon.

Chausey, une collection d’îles et de rochers affleurant la surface de l’eau ou dangereusement cachés. Il convient de serpenter avec prudence si l’on ne veut pas y abimer le bateau, ou même le percher, spécialité locale.

Nous nous arrêtons au milieu d’un cercle pointillé de roches brunes et vertes et je saute à l’eau. Je suis vite entraînée un peu plus loin par le courant et mettrai longtemps à le combattre pour regagner le bord. Un verre de muscadet frais et quelques tartines roboratives me réconforteront d’un effort épuisant.

Très vite la mer se retire et nous pose sur le sable. Le paysage est lunaire. Je marche là où je nageais péniblement il y a à peine une heure. Les bateaux sont obliques et les pêcheurs à pied fouillent sous les rochers avec de longues tiges, débusquant crabes, étrilles et homards. Personnellement, je préfère traquer les anémones vertes et roses avec mon appareil photo et remettre à l’eau les lançons surpris par la marée haletants sur le sable.

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Tout à coup un mouvement irrépressible : la moindre flaque d’eau revit et se met en marche. Elle rejoint ses congénères, des volutes d’eau se forment à toute allure et courent vers les bateaux plus vite qu’un galop. Le paysage de sable redevient liquide, mouvant, il pourrait être menaçant, se venger des crustacés qui se débattent dans les seaux et les paniers. Nous sommes remis à flot en un éclair, les algues se redressent à la verticale, les lançons ont fini de suffoquer, les crevettes sont en sécurité et les anémones vont refleurir. Nous repartons en file indienne, le bateau de tête zigzaguant entre les rochers traitres.

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On passe le petit port de l’île principale et ses quelques maisons. Des enfants plongent du ponton entre les bateaux. Et puis le large à nouveau.

Bien au chaud dans ma veste de quart, je m’alanguis presque aux côtés du capitaine, émerveillée comme toujours de la splendeur de l’horizon de mille bleus et verts quand un mouvement dans l’eau me fait bondir. Et crier pour prévenir : « Des dauphins ! ».

Les bateaux s’arrêtent. Et ils tournent et plongent et émergent tout autour de nous, saluant chaque bateau à son tour, dirait-on. Ils sont une dizaine peut-être, leurs ailerons en file indienne, leurs nez ronds bondissants hors de l’eau, leurs corps gris et lisses à la suite, la queue replongeant la dernière. Nous sommes tous comme des enfants, riant et s’exclamant devant ce prodigieux cadeau. Mes yeux sont tout mouillés d’émotion, rien que de l’écrire encore aujourd’hui. C’est la première fois que je vois des dauphins ainsi. Quelqu’un dit « fais un vœu ». Je n’ai pas d’autre vœu à faire que celui d’être là à vivre cet instant magique. Apothéose d'une journée parfaite. Est-ce que cela ne s’appelle pas le bonheur ?

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dédicace amicale spéciale à Paco Barn de ce billet, des dauphins merveilleux, de la mer belle, d'une région qu'il connait bien.

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