Et oui, le score est toujours d’un bagage à zéro pour Air France. Zéro pour moi, 23 jours après mon retour. Et à compter du 22è jour, il est considéré comme perdu… mais les recherches continuent jusqu’au 45è jour, rassurez-vous Madame, toutes nos excuses au nom d’Air France pour la gêne occasionnée. Retournez-nous votre billet, votre carte d’embarquement, le n° d’enregistrement et la lettre d’inventaire de ce bagage accompagnée des factures, bien sûr, et nous lançons la procédure de dédommagement. Au revoir Madame, mille pardons et bonne journée.
Alors, forte de cette expérience nouvelle pour moi, voici les conseils que je peux donner – aux autres autant qu’à moi-même - pour de futurs voyages en avion :
1 – Ayez le bagage le plus voyant possible : rose vif, vert pomme, customisé, qui se voit de loin, quoi. Déjà c’est pratique pour les repérer sur les tapis à bagages au milieu de toutes ces valises noires, mais ça facilite l’identification au milieu des hangars pleins de bagages perdus (il y en a des milliers en souffrance, à ce qu’il paraît). Ceci dit, le mien est (était) du genre sport, gris clair avec des bordures orange et un énorme logo L*afuma sur une carte du monde au milieu, et il est toujours invisible, donc…
2 – N’ayez RIEN de précieux dedans, et si possible rien non plus que vous ayez acheté pendant vos vacances. Ayant suivi cet intéressant conseil moi-même au cas où, je m’étais fait un petit bagage cabine supplémentaire avec tous les petits cadeaux achetés sur place et une ou deux bricoles pour moi, dont deux magnifiques vestes brodées que j’avais cherché en vain à acheter lors de mes deux précédents voyages et que j’aurais été un peu "vénère" d’égarer avant même d’avoir le plaisir de les porter. Bien sûr, on ne met pas en soute son appareil photo, son ordi, ses bijoux à supposer qu’on en emporte, etc…
3 – Mettez vos coordonnées à l’extérieur solidement arrimées et aussi A L’INTERIEUR, bien visibles. Je ne comprenais pas vraiment l’utilité de ceci, maintenant si : quand le sac traîne depuis quelques temps dans les méandres des aéroports, il perd tour à tour sa fiche d’identification en papier (celle qu’on lui accroche autour de la poignée à l’enregistrement) puis l’étiquette avec les coordonnées du propriétaire si elle n’est pas bien fixée. Alors le bagage va être ouvert et on va comparer ce qu’il y a dedans avec la liste d’inventaire qu’on vous a demandé de remplir. Avoir son nom et son téléphone inscrit en fluo dès l’ouverture peut éviter qu’un gars mette son nez et ses grosses pattes dans vos frous-frous perso (sales, les frous-frous, quand on est sur le retour… ça doit un peu sentir le fauve…). Je ne sais pas si ça évite cependant certains désagréments des fouilles : une de mes amies qui a connu la même mésaventure et n’avait pas suivi mon conseil numéro 2 a eu le plaisir de voir revenir son bagage au bout de 15 jours, mais SANS l’appareil photo qu’elle avait bêtement laissé à l’intérieur…
4 – Pour rendre plus facile le conseil n° 3, listez ce que vous avez dedans AVANT de partir, ça peut servir…
3 – N’espérez aucune aide du numéro spécial mis en place par Air France pour suivre l’avancée du dossier et économisez vos sous : oui, le numéro en question est surtaxé ! Déjà ils ne manquent pas d’air de faire raquer des gens qui ont déjà paumé leurs affaires, mais en plus, les seules informations que j’ai pu obtenir des –fort aimables – personnes qui officient dans ce service sont : mon nom (des fois qu’un Alzheimer foudroyant me l’ait fait oublier dans les 15 derniers jours), la description de mon sac et sa marque (pareil, je suis bien au courant, merci) et on s’enquérait chaque fois très poliment d’un éventuel déménagement ou changement de n° de téléphone de ma part (c’est sûr, si j’avais eu un kilo de came planqué dans mon foutu sac, j’aurais pu avoir envie de déménager à la cloche de bois). Après, c’est extrêmement flou et les informations sont contradictoires selon les jours et l’interlocuteur : un coup mon sac a été localisé à Londres (lieu de la correspondance que j’ai loupée pour cause d’arrivée tardive du vol en provenance de Delhi) et il est revenu à Roissy par un vol du 12 janvier (quel n° de vol, quelle heure, ils ne sont pas « habilités » à avoir ces informations…), ensuite comme Roissy dit n’avoir jamais réceptionné le sac et que Heathrow reste muet face aux relances par télex (tiens, ça existe encore le télex ? Ils n’utilisent pas de mails ? Moderne, Air France…) on finit par me dire que peut-être, ce n’était PAS mon sac, mais qu’on l’a confondu avec un autre (vive les codes barres !!!).
Donc à l’heure qu’il est mon sac navigue quelque part entre Londres et Paris, peut-être au fond de la Manche, qui sait ? A moins qu’il ne soit reparti en Inde, comme j’ai envie de le faire moi-même ? Donc à moi les joies de la paperasse et des dossiers à établir pour être remboursée de… je ne sais pas combien vu que je n’ai pas l’habitude de demander des factures quand je vais chez Horreurs et Merveilles acheter des T-shirts ou une mignonne jupe en solde, oups… D’où les conseils suivants :
5 – Demander des factures pour TOUT ce qu’on achète, ça peut servir. Surtout quand on voit le prix de la flopée de culottes que j’ai été obligée de racheter depuis 3 semaines ! Ben oui, dans mon sac, il y avait surtout des fringues d’été qui ne me manquent pas vraiment pour l’instant, mais les culottes, hein, les culottes, ce sont les mêmes en été qu’en hiver, alors j’ai été bien obligée de remettre mon stock à niveau ! (d’ailleurs, je songe à lancer une vaste opération « Des culottes pour Traou », envoyez vos promesses de dons – en monnaie sonnante et trébuchante, je préfère les choisir moi-même, et puis il est hors de question que je vous donne ma taille, non mais quoi ! - à traou(at)traou(point)net, à vot’ bon cœur, merci)
6 – Souscrire une assurance avant de partir, avec le billet d'avion, surtout si vous n’avez pas de factures de vos culottes et T-shirts, ça vous permettra d’obtenir un dédommagement plus conséquent. Et payez le billet d’avion avec une carte bancaire qui couvre elle-même ce genre de désagréments (utile aussi en cas d’évènement plus grave genre urgence médicale, rapatriement, etc…)
Voilà , voilà , c’était les conseils de Tante Traou, en ce dimanche où je vais aller lister tout ce qu’il faut que je rachète pour me reconstituer une trousse de toilette pour partir à Berlin dans 3 jours. Et oui, comme je suis une fille organisée (paresseuse donc organisée, ça va souvent ensemble, ça économise du temps et de l’énergie d’être organisée…) et que je fais de fréquents déplacements pour le boulot ou perso, cela fait belle lurette que je n’avais plus à « faire » ma trousse de toilette. Elle était prête à l’avance, pleine de tous les objets et produits nécessaires, dont je n’avais plus qu’à refaire les niveaux de temps en temps. Il faut que je reprenne à zéro… Zut et Flûte !
Dernier conseil, le n° 7 : rester zen. Après tout, ce n’est pas bien grave, juste casse-pieds. Je rentre d’un pays où les gens n’ont rien ou pas grand-chose, et le peu qu’ils ont, ils vous l’offrent souvent, et avec le sourire. Alors ce ne sont pas quelques T-shirts de plus ou de moins qui justifient la colère parfois violente de certaines personnes qui faisaient leur déclaration de perte en même temps que moi à Roissy. Bon, j'avoue quand même que si on me le rend, ça me fera plaisir de retrouver ma jolie tunique brodée achetée l’an passé sur un trottoir de Pondichéry (pas de facture pour celle-là non plus) ou ma longue jupe en crêpon bleu qui me caresse doucement les jambes en été. Mais bon, ce n’est pas si grave (mais pas une raison pour ne pas suivre mes conseils !).
Dernière chose : si un lecteur de ce billet a des accointances avec Roissy et notamment un accès aux hangars à bagages perdus, je suis candidate pour aller faire les fouilles moi-même. Je l'ai déjà proposé aux messieurs-dames du numéro surtaxé d'Air France mais ils n'étaient pas "habilités" pour m'y autoriser...